(cf. l'article "Kidnapper le Père Noël - Année 2006 -").
Il avait arraché les pages de l'éphéméride une par une, attendant le jour - J avec une rare impatience (même si, en réalité, il les avait arrachées en pas moins d'une heure et ce, le même jour, à savoir le lendemain de Noël 2006). Quoiqu'il en soit, il était prêt !
Muni de mes lunettes de soleil (histoire de ne plus me faire avoir comme l'année dernière) et habillé en costume de sapin de Noël, j'ai demandé à mon frère de décorer mon déguisement pour que je passe inaperçu. Guirlande électrique et autres boules (aïe, pas là frérot !) de Noël, j'avais l'air, d'après mon entourage, d'un véritable sapin. J'avais auparavant testé le déguisement parmi mon voisinage dont, aucun, je dis bien AUCUN, ne m'avait reconnu (à part le pitbull de l'autre taré qui m'a fait comprendre que je passerais le restant de ma vie avec un seul testi... Mais c'est une autre histoire). Mais parlons plutôt du plan en lui-même.
Une fois le père Noël descendu par la cheminée, je le laisserais déposer ses saloperies (que j'aime tant) de cadeaux avant de me jeter sur lui. Le poids de ma chute sur ce vieux bouc de Père "Nowel" (nom attitré par mon école spécialisée) fera exploser ma guirlande lumineuse qui l'électrocutera (sans que j'en sois touché grâce à ma combinaison spécial anti-électrocutionetautreexplosion). Une fois HS, je le laisserais étendu par terre le temps de boucher toutes les sorties possibles de la maison. Quitte à rester condamné chez moi, autant que ce soit avec ce GRS (Grand Schtroumpf Rouge).
A ce propos, parlons de ce que je vais lui infliger. Dans un premier temps, je lui écarterais les paupières grâce aux pinces à linge (conservées de l'année dernière) pour lui verser de l'huile bouillante dans les yeux.
Dès que je serais sûr qu'il est devenu aveugle (il suffira d'attendre la fin de son agonie), je lui retirerais ses bottes pour lui chatouiller les pieds avec une grande plume de Paon (et Dieu seul sait que j'en ai visité des zoos avant d'en dénicher une sans me faire prendre). Que ces pieds sentent le renne pas frais ou le lutin putréfié, je m'en balance ! Je compte bien le faire rire jusqu'à ce qu'il en perde la raison ! Comme disait le Joker : "Let's put a smile on that face !" (cf. le film "Batman The Dark Knight").
Ne sachant plus quoi faire entre rire et hurler de douleur, votre si attentionné père Nowel aveugle et fou me suppliera d'arrêter (ou de continuer, selon son degré atteint de folie). Mais, ce serait mal me connaître si vous pensiez que j'arrêterais maintenant. Je le questionnerais sur toutes interrogations restées sans réponses de l'année dernière. Et si je ne suis pas satisfait de ce qu'il voudra bien me dire, je pense être contraint de le tuer en l'étouffant, la tête dans sa hotte.
Oui... Oui, je sais que vous me trouvez plutôt dur. Mais laissez-moi vous rappeler que j'ai ruminé ma vengeance pendant UN AN ! Une interminable année de souffrance où j'aurais pu jouir de la vie si celle-ci ne m'avait pas tant tourmentée... Mais ce n'est pas la vie la plus dure avec moi, c'est bel et bien ce papy de mes deux !
23h50. Le moment était venu. J'avais mon costume de sapin décoré ; j'avais mes lunettes de soleil sur le nez ; j'avais mes pinces à linge à côté de la plume de Paon qui attendaient sagement sur la table de la cuisine ; j'avais une casserole d'huile sur le feu ; et j'avais du ciment à ne plus quoi en faire pour condamner toutes les échappatoires. Mon plan était infaillible, parfait, exceptionnel ! je dirais même qu'il était tout simplement... Chut ! Le voilà !
J'entendis de l'agitation dans la cheminée. Cependant, le bruit était moins prononcé que celui de l'année dernière. Ce chenapan barbu avait visiblement prévu d'être encore plus silencieux que d'habitude pour ne pas que je le surprenne. Mais je l'entends ce bruit, je vous assure ! Je ne suis pas fou ! Gnark gnark gnark !
Je sentis alors une présence devant moi. C'était le moment de rester figé. Les rayonnements lunaires, en temps normal, auraient pu me laisser entrevoir son visage, mais avec mes lunettes de soleil, je ne pouvais rien voir. Et c'était mieux ainsi, il ne fallait pas laisser le moindre détail visible, et ma combinaison spécial anti-électrocutionetautrelégèreexplosion entièrement noire me permettait de me dissimuler davantage sous ce fabuleux faux sapin. Seules mes chaussures restaient visibles, mais tout bon sapin possède des chaussures à ses pieds, donc ce n'était pas étonnant.
Ça y est, ce père Nowel était en train de me toucher la chaussure dans l'espoir de pouvoir y insérer quelques chocolats. C'était LE SIGNAL !
Je me laissai tomber en avant, tout simplement, écrasant par la même occasion ce misérable inconscient ! La guirlande électrique explosa, de ces cinquantaines d'ampoules, sous un véritable feu d'artifice (et ce, même au travers de mes lunettes qui m'obligea à fermer les yeux). Durant l'explosion et l'électrocution de la victime, j'entendis ses petits gémissements. Des gémissements révélant ma victoire !
Ricanant comme tout bon satyre, je sortis précipitamment de mon déguisement (faisant éclater par inadvertance les quelques boules de Noël qui étaient restées accroché au sapin). Sans plus attendre, je partis chercher le ciment lorsque soudain, en allumant la lumière du salon, je m'immobilisai. Je retirai alors mes lunettes de soleil, pour mieux me rendre compte de la situation.
Étrange... Je ne voyais rien du vieillard farceur. Pourtant, le sapin lui était réellement tombé dessus ! J'avais distinctement entendu ses gémissements ! Alors pourquoi je ne le voyais pas ?
D'un pas hésitant, je m'approchai du faux sapin. J'écartai alors le déguisement pour laisser entrevoir ce qu'il y avait en dessous lorsque je vis un petit être habillé tout en vert. MERDE ! C'ÉTAIT UN LUTIN !
Me mordant la lèvre inférieure, je me précipitai sur son corps pour tenter de lui faire reprendre ses esprits. Son visage était pâle, ses yeux louchaient, sa langue pendait sur le coin de sa lèvre, ses oreilles étaient pointues... Hum, ça c'est normal !
Alors que je secouais lentement son corps, en lui suppliant de se réveiller, quelqu'un tapota mon épaule de son doigt. Je me retournai et j'eus juste le temps d'entrevoir son visage avant que mes yeux se mirent à me brûler.
UNE BOMBE LACRYMOGÈNE ! Ce plaisantin vieillard avait sorti les grands remèdes ! Il m'en fallu pas plus pour m'écrouler sur le sol en me tortillant sur moi-même comme un ver.
Je hurlai de douleur, tentant tant bien que mal d'essuyer le produit de mes mains. Dans ma tête pourtant, ce n'était pas la douleur qui m'envahissait, mais l'erreur que j'avais commise ! J'ignorais avoir attaqué un lutin ! Et j'ignorais encore plus que cela aurait pu énerver le père Noël à ce point.
Lorsque le produit ne fit plus d'effet (je m'étais mis la tête sous l'eau durant plus d'un quart d'heure, avec comme système respiratoire une simple paille, venant de Mcdo, dans la bouche reliée à la surface. Imaginez la scène dans l'évier d'une cuisine... -_-'), j'ouvris lentement les yeux. Dès que je fus assuré que ma vue était intacte, je me précipitai dans le salon. Et ce que je vis me fit hausser les sourcils.
Je me doutais bien qu'il n'allait plus y avoir personne après tout ce temps, mais ce qui m'avait tant surpris, c'était que malgré l'incident qui venait de se passer, le père Nowel avait néanmoins déposé des cadeaux près du faux sapin. Ce vieux loup du Pôle Nord avait une fois encore remporté la manche... Mais pas la guerre ! >_<
Bonus de fin : En retournant dans la cuisine, je vis avec stupeur ce qui ne m'avait pas interpellé au premier regard. Les placards et le réfrigérateur étaient ouverts. Et sur la table de la cuisine, aux côtés de mes pinces à linge et de la plume de Paon se trouvaient un biscuit à moitié mangé... Et un verre de lait à moitié vide...
