Un... Dos... Tres ! (Bis)

Un... Dos... Tres ! (Bis)

(cette photo, aussi étrange soit-elle, est bien réelle ! ^_^)

La suite des aventures de : Francis Jones et la quête des guimauves !

(Le titre de l'article (comme le précédent) fait évidemment référence à la série TV du même nom... Inutile de vous expliquer pourquoi ! ^_^)

Un grand combat se préparait entre Mamie Nova et moi. Sa canne en bois d'un côté du ring, ma télécommande à rayon plasmatique de l'autre. Tout allait se jouer lors de cet affrontement. Le prix à gagner était énorme, au-delà de tout ce que mon c½ur d'enfant espérait depuis longtemps (richesse, amis, console nouvelle génération...), à savoir des guimauves en forme de "mâchoire de vampire" ! Pour ça, j'étais prêt à tous les sacrifices, dont la politesse envers cette cruche toute fripée !

Elle porta le premier coup que j'évitai avec une aisance particulière qui laissait sous-entendre que je m'étais déjà battu contre un ours blanc dans ma vie (ce qui n'était pas tout à fait vrai, en réalité c'était contre un raton-laveur gris), et j'enchaînai avec mon arme. De grandes étincelles surgirent au bout de notre "sabre" respectif. Des téléviseurs se trouvaient sur le rayon face à celui des confiseries (étrange, dites-vous, comme endroit pour deux marchandises si différentes ? Qui vous a dit que mes délires étaient logiques ?). Et, sans m'en rendre compte, mon arme alluma la télé et changea rapidement de chaîne. Oui, sans m'en rendre compte vu que j'étais bien plus préoccupé à éviter les coups de cette furie gourmande que de savoir ce qui pouvait bien passer à cette heure-ci. Et pourtant, ce fut la télé qui me sauva.

Alors que mon arme à rayon plasmatique s'affaiblissait (à cause d'une sous-marque de piles que j'avais inséré dans ma télécommande, honte à moi), la vieille peau prenait le dessus. J'allais y rester, tôt ou tard ! Je ne m'avouais jamais vaincu, en temps normal, mais je savais reconnaître le talent quand je le voyais, et le Diable qui s'était incarné dans cette Mémé "Pacemakerisée" était fortiche... Très fortiche ! Cette grand-mère s'était sûrement entraînée de longs moments dans sa maison de retraite pour protéger son bol de soupe de 17h car je ne voyais pas comment elle pouvait être aussi douée autrement. Et alors que je posais mon genoux à terre, prêt à accepter le coup final qu'elle me réservait, ma télécommande zappa de chaîne avant d'épuiser toute l'énergie fournie par les piles bas-de-gamme.

Les yeux fermés, les sourcils froncés, j'attendais patiemment le coup de grâce de cette Mémé "Parkinsonnisée" qui allait pouvoir jouir de ces guimauves que je chérissais tant... Mais rien ne se passa. M'avait-elle épargné ? J'osai ouvrir un ½il et me rendit vite compte du miracle qui s'était produit.

Cette clémence que j'eus pour ma vie, je la devais à la télé ! Car oui, après une page de publicité où un jeune chanteur faisait la promotion de la reprise de la chanson "Y'a de la joie" de Charles Trenet (en version Rap, dont il me semblait avoir entendu quelque chose comme : "Ca'me ta joie ! Et dit bonjour à ces D'moiselles... Ca'me ta joie ! Tu m'brises les burnes avec tes problèmes"), il y eut le début en exclusivité sur cette chaîne (en dehors des nombreuses rediffusions sur les chaînes locales, bien sûr) de l'épisode 23 de la saison 38 de "l'inspecteur Derrick", soit le dernier épisode où jouait l'acteur Horst Tappert dans le rôle de l'inspecteur (avant qu'on ne le remplace par Patrice Laffont qui maîtrise merveilleusement mal l'Allemand). Cette chance inimaginable venait de me sauver la vie. Oui, tout être humain savait que Horst Tappert était le sex symbol incarné aux yeux des femmes septuagénaires, et cette Mémé "Alzheimerisée" ne venait que de confirmer cette vérité. Elle lâcha sa canne, se mit en tailleur et se laissa hypnotiser par la boîte à image. Il y avait bien un Dieu sur Terre, et ce Dieu travaillait pour cette chaîne !

Désintéressé de connaître les aventures de cet inspecteur soporifique à la noix, je me retournai vers mes précieux (à imaginer avec la voix de Gollum du "Seigneur des anneaux"). La même aura de lumière de tout à l'heure réapparut devant le premier sac de guimauve qui s'offrait à mes yeux. J'ouvris sans hésitation mon manteau multifonction et en extirpa une épuisette géante. La chasse était ouverte !

Je donnai, à l'aide de ma nouvelle arme, de violents coups sur l'étagère, attrapant le moindre sac de guimauve qui s'y trouvait. Je rigolai, je chantai, je sautillai telle une écolière finissant son dernier jour de classe ! J'étais E... R... E... (prononcé "heureux"). Plus rien ne pouvait m'empêcher d'atteindre la caisse pour acheter mes provisions, si ce n'est...

Je sentis des tremblements sur le sol. Soit un troupeau d'éléphant s'était échappé d'un zoo et se précipitait vers cette journée de solde (ce qui ne m'aurait pas franchement étonné), soit j'avais de nouveaux concurrents qui n'allaient pas tarder à arriver !
Je jurai contre le mauvais sort qui s'acharnait sur moi tout en prenant mes jambes à mon cou ! Mon épuisette pendait derrière mon épaule et je croisais les doigts pour que les sacs de guimauve ne se fassent pas la malle !


Je n'avais pas le temps de vérifier sur mon plan le chemin le plus rapide pour atteindre la caisse, et ce fut fatal pour moi. Sans m'en rendre compte, je tournais toujours à droite dès que ce chemin s'offrait à moi, ce qui faisait que je tournais en rond ! Honte à moi qui n'avait pas réfléchi avec cette peur envahissante. Les monstres à mes trousses convoitaient mes précieux, et je sentais que je n'allais pas tarder à les rencontrer.
Mes craintes se confirmèrent, je me retrouvai face à une bande de jeunes de 5 à 8 ans. Mais il n'était pas trop tard pour fuir ! Je pouvais faire demi-tour ! Sauf qu'en me retournant, je vis une bande de petits vieux de 70 à 85 ans. Me trouvant dans un étroit rayon, j'étais bel et bien encerclé...

A suivre dans le prochain article, le dernier épisode de : Francis Jones et la quête des guimauves !


- Francis -

# Posté le lundi 08 janvier 2007 08:32

Modifié le dimanche 31 août 2008 12:36

Un... Dos... Tres ! (Bis... ous !)

Un... Dos... Tres ! (Bis... ous !)

(je vous assure que cette photo n'est pas un montage ! ^_^)

Voici le dernier épisode tant attendu (par moi-même) des aventures de :
Francis Jones et la quête des guimauves !

Face à moi, un groupe de casse-bonbon (âgé de 5 à 8 ans), derrière moi, un groupe de casse-croûton (âgé de 70 à 85 ans). Moi, ma schizophrénie, moi, mon épuisette et encore moi étions seuls ! Un silence planait. On n'entendait pas un seul petit morver, pas un seul vieillard tousser. Ces monstres humaient l'air et volaient l'odorat qui émanait de mes précieux ! C'était intolérable, il fallait en finir une bonne fois pour toutes !

Si l'inspecteur Derrick n'avait pas réussi à hypnotiser tous les vieux, j'allais de ce pas m'en occuper moi-même ! J'ouvris mon manteau multifonction et en sortis quelque chose que je tendais devant moi, suffisamment prêt pour que ceux qui avaient oublié leurs yeux (=> leurs lunettes pour les non-habitué(e)s à mon humour ! ^_^) puissent découvrir facilement ce que je tenais dans les mains. C'était chaud, liquide et ça sentait bon. Tout vieillard qui se respecte savait reconnaître un bol d'une soupe onctueux quand il en voyait un. L'apothéose de ce repas appétissant ? Des croûtons en forme de... Dinosaures ! OUI MES AMI(E)S ! Aussi incroyable que... Incroyable, j'avais pu dégoter des croûtons en forme de dinosaures (cet article étant épuisé depuis 1997... Comme quoi, quelque soit leur forme, les dinosaures sont destinés à disparaître).

J'avais devant moi non plus des vieillards, mais des loups affamés ! Ils étaient une bonne dizaine, si ce n'est cent, mais il n'y avait qu'un bol de soupe ! Je pris grand soin de mettre un couvercle sur le bol pour ne pas gâcher la nourriture (et conserver la chaleur du plat) avant de le lancer sur eux. L'astuce fonctionna à merveille : (fausses) mâchoires, ½il de verre et autres prothèses voltigeaient au-dessus de la mêler qu'ils étaient en train de créer. Les petits vieux occupés pour le moment, il ne manquait plus que les jeunes...

Qu'est-ce que je pouvais trouver dans mon manteau multifonction (de la même marque que le sac de Mary Poppins, vous l'aurez deviné !) pour occuper ces jeunes futurs délinquants ? C'était fini l'âge des Bisounours, du Club Dorothée et des Chocapic. Maintenant c'était l'avènement du langage de rue, des pantalons à chier dedans (je vous laisse le soin de vous représenter l'image) et des portables à fonctions SMS / MMS / Visio / Bluetooth / Appareil photo / Caméra / Accès internet / Cafetière... Et j'en passe ! Qu'est-ce qui pouvaient motiver ces jeunes à ne plus convoiter mes guimauves ?
Un lecteur MP3 ? Échec, il sortirait leur lecteur MP4... Une PS2 ? Échec, il sortirait la leur PS3 (importé du Japon)... La pire des immondices que ce soit visuelle, auditive ou olfactive ? Échec, il sortirait leurs goûts musicaux (c'est petit, je sais... Tout comme la taille de ces gamins ! ^_^). Et c'est alors que j'eus l'idée infaillible ! Le moyen de faire échec et mat ! Qu'est-ce qui poussait ces jeunes futurs délinquants à transgresser les lois ? Une société bien trop frustrante pour eux, bien sûr !


Je pointai du doigt la horde de vieillard qui étaient déjà exténués de leur bataille pour la soupe aux croûtons délirants et je dis : "ce sont eux la cause de tous vos soucis ! Ce sont eux qui vous feront travailler jusqu'à votre mort ! Moins ils seront nombreux et moins longtemps vous aurez à travailler !". Les oreilles pointées vers le haut, le regard mauvais et le rire jaune, ces gamins avancèrent dans le rayon et me longèrent sans prêter attention à mon épuisette remplie de sucrerie. Ils étaient bien décidés à rajeunir la population de la ville et je ne pris pas la peine de contempler les désastres que j'avais provoqués. Je repris ma course jusqu'à la caisse la plus proche...
J'avais réussi ! Après quelques minutes de recherche, j'avais enfin trouvé la caisse me permettant de sortir de cet enfer. Et alors que je sortais mon porte-monnaie de mon manteau multifonction, je vis cette étiquette sur la caisse : "+ de 50 articles".


Ces maudits ! Ils avaient tout prévu ! Toutes les caisses forçaient chaque consommateur à acheter plus de 50 achats afin d'être sûr de vider leur stock dans les temps... Et après un léger calcul dans ma tête, je découvris que je n'avais que 49 sacs de guimauves...
Que faire ? Je ne pouvais pas risquer d'aller chercher un article supplémentaire avec la menace qui pesait sur mes précieux. Je demandai alors d'une douce et séduisante voix si je pouvais passer quand même avec seulement 49 articles de leur magasin.
Mais ma voix remplie de tendresse ne percutèrent pas un instant les oreilles du caissier. Malheureusement, je ne pouvais pas jouer de mon charme ailleurs, il n'y avait aucune caissière ! De plus, aucun des caissiers ne laissait deviner une certaine homosexualité ! Mon charme n'allait donc fonctionner sur personne... Tout était fini...


Tout du moins, c'est ce que le consommateur moyen se serait dit ! Mais j'étais Francis Jones ! Et ma quête était celle des guimauves (d'après le titre). Je n'allais pas m'avouer vaincu maintenant ! Pas après ce que je venais de surmonter comme obstacles ! Je décidai de partir sans payer (j'oubliais de dire aux plus jeunes qui lisent mon blog qu'il est formellement interdit de reproduire mes actes, aussi spectaculaires et classes soient-ils !).
Je courus droit devant, et alla vers la sortie du magasin alors que le caissier sonna l'alarme (soit il était mécontent que je vole sous son nez, soit mon charme de tout à l'heure avait réveillé une homophobie à mon égard !). Un vigile d'une carrure imposante courut à mes trousses. A cette vitesse, je n'aurais jamais le temps d'atteindre la sortie !


Je sortis machinalement un flacon de parfum Fleur d'anus n°5 que je versai derrière moi. Le liquide se répandit sur le sol et eut les effets escomptés. Le vigile glissa puis tomba par terre. Malheureusement, son grand élan lui fit faire des roulades ininterrompues. Cette véritable masse de muscle roulait derrière moi tel un rocher dévalant une montagne. La sortie était droit devant, et la solution se construisait déjà dans ma tête !
Je sortis un puissant acide de mon manteau (en ch½ur : multifonction !) et, tout en plongeant à travers les portes, je lançai un jet de cet acide corrosif sur le dispositif de fermeture des portes automatiques. Le dispositif crachouilla et les portes se fermaient lentement derrière moi lorsque je me rendis compte que je me sentais plus léger. Pourquoi est-ce que je me sentais... MON ÉPUISETTE !


Je me retournai subitement et vit mon épuisette par terre, encore située à l'intérieur du magasin, et le vigile qui roulait dangereusement sur moi, et les portes qui se fermaient peu à peu, et...
Tel Indiana Jones (je pense que vous aurez tous remarqué le gros clin d'½il), je me saisis de mon épuisette et le sortis juste avant que les portes ne se referment. Le vigile se cogna brusquement sur les portes condamnées. Il était sonné.
Soudain, venant de nulle part, "Calogero" apparut près de moi en chantant : "j'arrive à me glisser juste avant que les portes ne se referment".
Parfaite chanson pour une mission bel et bien réussie ! Le soleil était resplendissant, comme s'il voulait me féliciter pour mon aventure. L'épuisette était sur mon épaule. J'avais le sourire jusqu'aux oreilles. Et je rentrais chez moi, victorieux !

THE END

Bonus de ma mission : Deux semaines après ma victoire, je prenais rendez-vous chez le dentiste... >_<


- Francis -

# Posté le mardi 09 janvier 2007 10:06

Modifié le dimanche 11 janvier 2009 10:22

La manifestation !

La manifestation !

Viens dans mon délirium, c'est du bon délire que je te prépare !

Avez-vous déjà manifesté dans votre vie ? Moi non (réellement) mais je me suis toujours imaginé que ça se passerait ainsi.

Accompagné par plus d'une centaine d'autres fanatiques, je menais la marche pour une grande cause. Nous étions en train de manifester ! Oui, nous voulions le grand retour de "ma sorcière bien-aimée" sur nos téléviseurs ! Malgré les dizaines (vingtaines, dites-vous ?) rediffusions de cette série aimée par nous tous (soit environ cent cinquante fans), nous étions toujours aussi friand des aventures de Samantha et Jean-Pierre (sans oublier Endora). Nous allions attaquer la chaîne (vous vous doutez de laquelle) de ne pas avoir rediffuser cette année, comme toutes les précédentes, cette inoubliable série (si ce n'est pour ceux qui souffrent d'Alzheimer).

J'avais pour l'occasion sorti le grand jeu : une gigantesque pancarte (tenue par une dizaine de fans) où était représentée une photo de "Elizabeth Montgomery" (Samantha) et son incroyable sourire (dont les lèvres avaient été pailletées par mes soins); nous étions tous habillés du costume (respecté au détail prêt) qu'on voyait dans le générique de début de cette série (le costume de sorcière noir et rouge de Samantha); sans oublier le balai que nous avions tous dans le... Enfin... Que nous avions avec nous, prêt à le dégainer si besoin était. Je dois bien avouer que, sans la pancarte, les gens auraient davantage cru à un défilé de Drag-queen plus qu'à une manifestation. Mais... Mais nous nous fichions royalement du regard des autres, notre seule préoccupation était d'être entendu. Par contre, avions-nous choisi le mauvais jour ? Possible...

Alors que nous défilions dans la campagne, soutenu par les meuglements des vaches, une autre manifestation avait lieu sur Paris concernant le CPE. Oui, notre "audience" était faible, si ce n'est inexistante. Pas une seule fois à la télévision, les journalistes ont parlé de notre manifestation. Nous ne sommes même pas passés dans la rubrique "chien écrasé" ! Pour sûr, il y avait un testicule dans le champ des légumes (comment ça, ce n'est pas exactement ça l'expression ?).

Mais nous ne nous sommes pas laissés abattre pour autant. Nous avons manifesté de nouveau quelques mois plus tard ! Et cette fois, pas d'erreur ! Nous étions sur Paris ! Il était évident que ce n'était que dans cette ville que nous serions entendu, si ce n'est au moins aperçu ! D'autres personnes fort gentilles ont bien voulu manifester avec nous, sans se rendre compte du quiproquo qu'il y avait dans le but de la manifestation (sûrement dû à nos costumes !). Nous avions visiblement encore choisis le mauvais jour...
Nous, nous manifestions pour "ma sorcière bien-aimée"... Eux, ils manifestaient pour la grande parade qu'est "la Gay-Pride"...


- Francis -

# Posté le jeudi 11 janvier 2007 04:27

Modifié le dimanche 31 août 2008 12:36

La grande aventure !

La grande aventure !

Aurélie et moi, deux amis toujours prêts à risquer corps et âme pour de nouveaux paysages, de nouvelles connaissances et de nouvelles péripéties...

Épisode I

Se faire kidnapper par des pirates, ça a du bon :
(+) Tu bosses toute la journée, ce qui te permet de t'occuper et donc de ne pas voir le temps passer.
(+) Tu n'as juste qu'à faire mine d'être épuisé pour être nourri.
(+) Tu ne payes pas de loyer et tu voyages gratuitement et continuellement sur un bateau.
Comme du mauvais :
(-) Tu n'es pas payé.
(-) La nourriture qu'on t'offre est abjecte.
(-) Les conditions de vie laissent à désirer (bien que je me sois lié d'amitié avec un rat mort dans un fond de cale !).
Ah oui, j'oubliais... Travailler pour des pirates contre ton gré, ça finit par te rendre fou... @_@


Dès que notre bateau (je dis ça mais nous n'avions aucun droit sur ce moyen de transport) s'arrêtait à un port, les pirates partaient se saouler pendant que Aurélie et moi (enchaînés à un boulet nommé "Patrick", un pirate mort depuis au moins trois mois et pesant plus de cent kilos, nous empêchant ainsi de s'enfuir) nettoyions derrière eux le sel de mer qui s'incrustait dans la coque du bateau mais aussi les traces de vomissures pour ceux qui avaient le mal de mer. La photo que vous voyez, c'était l'entraînement du matin. Cet échauffement aussi primordiale que... Obligatoire durait entre deux et trois heures (pour nous mettre en forme), le temps pour les pirates de décuver de leur soirée bien arrosée.
Ensuite, c'était direction la mer ! "Renaud" disait peut-être : "Ce n'est pas l'homme qui prend la mer, c'est la mer qui prend l'homme... Tatatam !", mais force est de constater que les pirates savaient appréhender la mer ! Ils avaient ça dans le sang ! (le sang dissimulé derrière la peau. La peau dissimulée derrière le tatouage. Le tatouage dissimulé derrière la crasse. Car oui, qui dit pirate dit aussi ne pas se laver et sentir la mort, d'après le manuel du bon petit pirate que je lisais étant jeune).


Alors que je finissais de manger ma soupe d'eau salée et mon pain rassis (Aurélie avait droit, quant à elle, à une plus grosse portion de pain rassis puisque c'était une femme... Discrimination ! >_<), le chef des pirates vint nous voir. C'était le grand, le méchant et l'unique : "Barbe Happapa". Il avait une offre à nous faire ! Miracle ! A croire que les revendications qu'avait faites Aurélie pour nos conditions de vie n'étaient pas tombées dans l'oreille d'un sourd (bien que ce pirate avait des oreilles de bois... Bah oui, certains pirates ont une jambe de bois, d'autres un bandeau sur un ½il crevé ou encore un crochet à la place de la main. Le nôtre avait des oreilles de bois qu'il ponçait tous les matins !). Son offre, la voici : Nous avions deux heures devant nous pour préparer un spectacle pouvant divertir ces buveurs de bière, pour la simple et bonne raison que la mer nous avait éloigné du prochain port où nous devions accoster. En contrepartie, selon l'audience que remporterait notre spectacle, Barbe Happapa nous offrirait une seconde louche d'eau salée pour chaque repas.

Il était hors de question d'accepter cette offre ! D'un simple coup d'½il, j'avais bien compris qu'Aurélie était d'accord avec moi. Je me suis levé et je l'ai remis en place cet idiot de pirate !
Tout du moins, c'aurait été ce que j'aurais fait si j'étais plus courageux. Mais une louche supplémentaire d'eau salée, aussi infecte soit-elle, ne se refusait pas ! C'était d'ailleurs tout ce que nous pouvions obtenir d'eux pour le moment, j'en étais conscient. J'acceptais donc en ayant un sourire forcé. Aurélie fit de même, dépitée devant mon découragement. Mais la prochaine fois, pour sûr que je défendrais nos droits Aurélie !


Deux heures pour préparer un spectacle, c'était peu. Trop peu pour trouver des idées. Trop peu pour faire des répétitions. Mais bien assez pour trouver un plan d'évasion et finalement improviser notre spectacle lorsqu'on se trouverait devant ces gros pleins de soupes (non pas d'eau salée). Un plan se mettait en place, et les yeux pétillant d'Aurélie à l'idée de pouvoir retrouver sa liberté me réchauffait le c½ur. Notre plan devait être infaillible. C'était notre seul et dernière chance de pouvoir sortir de cet enfer qui durait depuis bien trop longtemps (c'était notre troisième jour de kidnapping, rendez-vous compte !)

Suite dans le prochain article : Épisode II.


- Francis -

# Posté le vendredi 12 janvier 2007 08:36

Modifié le dimanche 11 janvier 2009 10:23

La grande vague !

La grande vague !

La suite du grand Kidnapping d'Aurélie et de Francis !

Épisode II

La nuit tombait, et Aurélie et moi étions prêts ! Ils voulaient un show ? Ils allaient en avoir un ! Ancienne somptueuse danseuse classique, Aurélie avait un savoir faire innée en ce qui concernait le rythme et les pas de danse. Ancien grand comique, j'avais appris quelques leçons de bien-séance pour présenter un spectacle.

Elle était déguisée en un pirate très ressemblant. Elle s'était collée une moustache à base des poils du balai que nous utilisions pour essuyer les... Peu importe. Elle avait emprunté un seau pour s'en faire un chapeau et avait arraché le pied de deux autres balais qu'elle posa sur ses épaules pour en faire des épaulettes. En guise de cerise sur le gâteau, elle avait trouvé un bandeau qu'elle accrocha tout d'abord autour de ses yeux, puis préféra (pour des raisons pratiques) en cacher qu'un ½il. En temps normal et dans d'autres circonstances, on l'aurait pris pour une clocharde. Mais ce soir-là, c'était sans aucun doute la plus belle des pirates ! Et la lune jetait ses rayons sur elle, ne la rendant que plus séduisante qu'elle ne l'était ! (oui, le kidnapping ne détruit pas totalement le romantisme... ^_^)

Quant à moi, j'étais habillé en belle et séduisante femme. J'avais une serpillère dont la bâton était coincé derrière mon dos et dont le pied, qui s'éparpillait sur ma tête, me faisait de magnifiques cheveux qui sentaient l'algue pas fraîche. J'avais trouvé dans l'un des placards de Barbe Happapa une grande robe bleue. De deux choses l'une : soit elle appartenait à une ancienne femme qu'il aurait massacré après l'avoir abusé sexuellement (oui, la tendresse chez les pirates n'existe pas), soit Barbe Happapa nous cachait une sympathique part de féminité sous son caractère exécrable. Cette robe, plus grande que moi, m'empêchait de marcher sans écraser le tissu. Comme si avoir un balai dans le dos (j'ai bien dis dans le dos) ne suffisait pas (j'étais droit comme un pique, dans l'incapacité de baisser ma tête pour voir où je marchais), il fallait en plus que mes pas à l'aveuglette soient déstabilisés par une robe trop longue. Enfin bon, le résultat était là, j'étais une séduisante femme aux yeux de ses pirates (peut-être même un peu trop ! >_<)

Notre chorégraphie était splendide ! Aurélie s'était déchaînée dans son improvisation, et moi je suivais exactement ses pas avec quelques mesures de retard (et surtout avec des difficultés). Les pirates riaient de joie, applaudissaient pour encourager Aurélie de poursuivre voire d'accélérer ses pas.
Ensuite, pour mon improvisation, j'avais décidé de reprendre la plupart des pas de dance d'Aurélie tout en chantant. Une chanson dont je vous fais seulement part, ci-dessous, du refrain (c'était un remix personnel de la célèbre chanson In the navy des "Village People") :

Join the pirates
You will can have a green parrot
Join the pirates
You say goodbye at your parents
Join the pirates
Come on now, and take your blindfold !
Join the pirates... Join the pirates... Join the pirates
You will wash you just once a year !
Join the pirates
You will can kill many wimp here
Join the pirates
Come on now, and take your blindfold !
Join the pirates... Join the pirates...

Ce fut un franc succès. Alors que j'improvisais avec un naturel déconcertant cette reprise de chanson qu'aucun de ces pirates ne connaissait (c'est vrai que des pirates écoutant les "Village People"... C'est rare !), mes paroles touchèrent leur c½ur et Aurélie profita du fait qu'ils n'aient d'yeux que pour moi (ou pour mon déguisement, qui sait ?), pour s'écarter de la scène et détacher soigneusement la corde qui maintenait la petit barque de secours à hauteur du bateau. Oui, cette barque était notre seule échappatoire, et j'espérais bien détourner suffisamment leur attention pour qu'on puisse s'enfuir, tout du moins Aurélie.

Les pirates, émus par mes paroles (je sais pas où se trouvait l'émotion dans ma chanson, mais bon) s'enlaçaient les uns avec les autres, en murmurant sous des larmes de tristesse des choses du genre : "je t'aime même si tu as une jambe de bois" ; "excuse-moi de m'être moqué de ton ½il de verre" ou encore "je profite de ce câlin pour te donner rendez-vous dans ma chambre cette nuit". Ils étaient si touchants... Si sincères... Et si occupés !
C'était le moment opportun pour fuir cette mascarade, mais alors que je me tournais vers Aurélie pour la rejoindre dans la barque de secours qu'elle venait de descendre en mer, je me pris les pieds dans ma robe et tombai sur le dos. Le manche de la serpillère m'empêchant de me relever...

Suite et fin dans le prochain article : Épisode III.


- Francis -

# Posté le samedi 13 janvier 2007 06:39

Modifié le dimanche 31 août 2008 12:34