Suite de mes (més)aventures dans la firme de Square-Enix.
LEXIQUE :
(1) Prélude : Thème musical principal de tous les Final Fantasy.
(2) Raclette : Plat favori de Belette.
Sous la musique du Prélude (1), je patientai dans cet ascenseur d'une lenteur affligeante... Étage 8... Je réfléchissais à ce que j'allais bien pouvoir dire à M. Shinra, le directeur. Car oui, si je m'étais préparé à tout fracasser dans les locaux, ce n'était pas le cas pour la partie diplomatique de mon plan. Il fallait que je soigne ma prestation et mes arguments, au risque de ne pas être écouté sinon. Bon, je n'avais pas l'aspect vestimentaire adéquat pour négocier, avec ce tee-shirt troué et ce pantalon de treillis, mais ma force de caractère suffirait à plier quiconque à mes exigences ! Surtout que je ne faisais pas ça que pour moi, mais pour des milliers de fans ! Ils y en avaient des raisons de se battre... Étage 10... Mais c'est quoi son problème à cet ascenseur ? Ça doit être vachement pratique si un des employés du 66ème étage fait un malaise et doit être évacué de toute urgence...
Grâce à la magie incroyable de l'ellipse temporelle, j'arrivai soudainement à l'étage 66. La porte s'ouvrit. Une dizaine d'hommes armés jusqu'aux dents étaient devant moi. Quel idiot ! Pourquoi n'ai-je pas neutralisé la jeune femme bien habillée et sentant le doux parfum de la rose qui, de toute évidence, était responsable de cet accueil de la sécurité ?
On me demanda... Non... Plutôt on m'ordonna de manière stricte de retirer lentement mon sac à dos... De mon dos (logique, non ?) et de l'ouvrir devant eux pour vérifier que je ne portais aucune bombe quelconque. C'était ma chance ! Je me pliai aux ordres et, en ouvrant mon sac, je hurlai "ATTAQUE" ! Il n'en fallu pas plus pour que mon Pokémon... Euh pardon... Que Belette sorte de son nid, le visage jouissif (cf. photo), et commence à lacérer les soldats en grands coups de griffes. Ah... Belette...
C'était lors d'une de mes excursions à la montagne que j'avais découvert Belette. Cet animal d'apparence craintive était en plein désaccord avec deux autres animaux. Je reconnus rapidement qu'il s'agissait d'un renard de petite taille et d'un loup blanc. Pour une raison que j'ignore, un homme était près d'eux en chantant : j'entends le loup, le renard et la Belette... J'entends le loup et le renard chanter !
J'accourus près de cette Belette pour la secourir, et un long et périlleux combat eut lieu. Mes hurlements et mon agonie résonnèrent à des kilomètres à la ronde (merci l'écho !). A la fin de ce terrible combat, allez savoir pourquoi, j'étais le seul grand blessé ! Le loup et le renard, après avoir passé leurs nerfs sur moi, partirent fatigués (et je n'allais pas leur reprocher de l'être !), me laissant à moitié mort à côté de Belette, que j'avais secouru. Voyant celle-ci repartir pour se venger du loup et du renard, je me demandai si le plus dangereux des trois animaux, ce n'était pas finalement elle ! Car après ce qu'elle venait de leur faire endurer, j'en venais presque à regretter d'avoir voulu aider un animal qui se défendait parfaitement bien tout seul !
Belette revint me voir et m'aida à retrouver mes forces. Dès lors naquît une belle et sincère amitié entre nous.
Lorsque je repris mes esprits (après m'être perdu dans un flash-back nostalgique), je me rendis compte que Belette s'était déjà débarrassée de tous les soldats. Elle n'avait aucune blessure apparente, ça avait dû être un jeu d'enfant pour elle (ou un jeu de Belette, mais nous ne sommes pas à un mot près). Je récompensai mon amie d'une légère tape sur la tête avant que celle-ci ne retourne dans mon sac que je remis sur mon dos. Au passage, je pris l'une des armes à feu des soldats qui allait sûrement m'aider à l'avenir, si ma Masamune ne suffisait pas comme moyen de pression. J'étais au 66ème étage, au secteur Nord, et il me fallait à présent chercher le secteur Nord-Est.
Je marchais, marchais, et marchais encore... Secteur Nord-Ouest... J'accélérais le pas, encore et encore... Secteur Ouest... Je courais, courais, et courais encore... Secteur Sud-Ouest... Toujours plus vite, toujours plus loin et de plus en plus fatigué... Secteur Sud... C'est en arrivant à ce secteur que je me rendis compte que si j'avais pris le chemin inverse dès le départ, j'aurais atteint le secteur Nord-Est tout de suite après le secteur Nord. Devais-je faire demi-tour maintenant que je m'étais rendu compte de cette abominable erreur ? Devais-je continuer maintenant que j'étais parti en si bon chemin ?
Parmi vous se cache des obsessionnels, je le sais, qui me diront : d'après mes calculs, tu atteindras plus vite le secteur Nord-Est en continuant ton chemin que si tu fais marche arrière maintenant. Allez, ne vous sentez pas honteux de vous avoir pris inconsciemment la tête pour savoir quel chemin je devais prendre à partir du secteur Sud afin d'arriver plus vite à bon port... Je suis obsessionnel tout comme vous ! ^_^
J'arrivai enfin au secteur Nord-Est. EN... FIN ! Mais mon soulagement ne fut que de courte durée. En face de moi, le Hall A. A gauche le Hall B. Et à droite le Hall C. Mais derrière moi ne se trouvait pas le Hall D. Un nerf prépondérant s'afficha sur mon front, et ce fut les mains crispés et les sourcils froncés que j'avançai à travers le Hall C. Après tout, tout le monde savait que le D venait après le C !
Après une longue et épuisante marche, je me trouvai finalement face à un cul de sac. Une fenêtre donnant sur l'extérieur me faisait face. Un suicide à partir du 66ème étage ? Avec mon état mental actuel (de plus en plus déséquilibré), j'aurais pu très bien opter pour cette option sans chercher la moindre culpabilité que cet acte aurait pour mon entourage. Mais encore une fois, Belette intervint au bon moment. Elle sortit de mon sac à dos et rebroussa chemin, en me faisant signe de la suivre. Sans hésité, je courus derrière elle, espérant que son intuition était bonne et qu'elle ne se fiait pas simplement à son estomac en ayant senti une odeur agréable (oui, ce coup-là elle me la déjà faite dans l'une de mes anciennes aventures ! >_<)
De nouveau au milieu de la pièce où étaient indiqués les Halls A, B et C, Belette pénétra dans le Hall A comme par instinct. Je haussai les épaules. Que pouvais-je bien perdre, perdu que j'étais ! (je vous laisse méditer sur cette pensée philosophique. Vous noterez que ce type de phrase n'apparaît que lorsque l'être humain est complètement dépité de la vie, ce qui était mon cas).
Après quelques minutes de course intensive (oui, Belette est un animal rapide, TRÈS rapide !), elle s'arrêta devant une raclette (2) qui se trouvait en plein milieu de la pièce. Que pouvait bien faire ce plat dans un endroit pareil ? Telle aurait été la question que j'aurais dû me poser. Mais, en voyant ma chère amie s'empiffrer de ce plat, la première pensée que j'eus était : "je me suis fait encore piéger par son estomac..."
Heureusement, cette fois-ci, mon pessimisme avait été précipité ! Car oui, en relevant la tête je vis à ma gauche le Hall E. A droite le Hall F. Et face à moi le Hall D ! Ça y est ! La deuxième partie de ma recherche était enfin terminée ! Il ne me manquait plus qu'à trouver le numéro 669, et je me souvenais que l'hôtesse d'accueil m'avait dit de tourner à droite une fois le Hall D atteint. Je m'exécutai, le sourire aux lèvres, sur les dernières paroles de cette charmante jeune femme bien habillée et sentant le doux parfum de la rose quoique pas très patiente question relationnelle.
Je n'eus aucune difficulté (enfin une bonne nouvelle me direz-vous. Je profite d'ailleurs de ce moment opportun pour vous remercier vous, qui avez eu le courage de tout lire ! ^_^), je dis bien aucune difficulté à trouver la porte menant au bureau de M. Shinra. Et alors que je m'apprêtai à toquer, j'entendis un léger cling derrière moi. C'était le bruit qu'émettait un ascenseur arrivant à un étage.
Perplexe. Les yeux hagards. La bouche grande ouverte et laissant échapper un filet de bave. Je restai figé face à cet ascenseur venant de nulle part et situé à cinq mètres de moi. Un homme bien en chair et habillé de façon chic en sortit et passa devant moi en me saluant, avant d'entrer dans le bureau de M. Shinra. Je l'interpellai en lui demandant qui il était et comment se faisait-il qu'un tel ascenseur se trouvait ici.
Homme bien en chair et habillé de façon chic : "Je m'appelle Rufus Shinra et l'ascenseur que vous voyez derrière vous est l'ascenseur privé des personnes importantes telles que moi, afin que le trajet jusqu'à notre bureau respectif soit plus court..."
Moi : "..."
Homme bien en chair, habillé de façon chic et qui dit qu'il s'appelle Rufus Shinra : "Euh... Vous avez un vilain nerfs qui vient d'exploser sur votre front... Et les pupilles de vos yeux sont dilatées... Et... Euh... Vous devriez décrisper un peu vos dents car vos gencives saignent..."
Suite et fin dans le prochain article.
- Francis -