Intriguée, elle voulut l'enlever mais c'était comme si celui-ci était collé à elle. Pire encore, cela lui faisait mal !
Elle traîna son corps fatigué jusqu'à la salle de bain et alluma le puissant néon qui se trouvait au-dessus d'elle. "Pourquoi rien ne fonctionne ici ?", grommela-t-elle. Mais ce n'était pas tout à fait vrai, elle arrivait à voir de fines lueurs devant elle, comme si elle regardait un code barre. Mais ce qu'elle prenait pour un code barre l'empêchait justement de voir entièrement la lumière. Elle écarta ce qui obstruait sa vue et s'aperçut avec stupéfaction qu'il s'agissait de ses cheveux ! "Je suis pourtant aller chez le coiffeur hier matin !" dit-elle, en fronçant les sourcils. Des sourcils qui se levèrent aussitôt lorsqu'elle put enfin se voir devant le miroir.
Véritable "cousin machin" (de la famille Adams) sur patte, la femme était recouverte de poils gigantesques ! Ce qu'elle avait pris pour ses cheveux étaient en réalité... De longs et affreux cils ! Ce qu'elle prenait pour un pull était en réalité... Un système pileux surdéveloppé ! Ce qu'elle prenait pour une verrue sur son nez était en réalité... Une véritable verrue sur son nez !
Affolée, elle courut jusqu'à sa chambre prendre les ciseaux qui se trouvait dans son tiroir à couture, et retourna illico à la salle de bain, manquant de peu de trébucher en marchant sur ses propres poils de pieds.
Après quelques minutes d'acharnement, elle préféra laisser tomber. Ses poils étaient aussi longs que résistants... Et Dieu seul sait comme ils étaient longs (alors imaginez la résistance des cheveux puisque je vous dis qu'ils sont aussi longs que résistants ! Auquel cas, plus ils sont longs et plus c'est résistant ! Vous comprenez ? En gros, ils sont très résistants ces longs poils ! Comment ça je suis lourd ? ^_^). Qu'allait-elle devenir ? Un monstre de foire ? Une mannequin pour un défilé de fourrure ? Une peau de bête devant la cheminée ?
Toutes ses pensées ne firent que l'inquiéter davantage ! Elle ne pouvait pas sortir dans cet état ! Et pourtant elle n'allait pas rester chez elle indéfiniment !
Son ami chirurgien habitant à quelques pâtés de maisons était son seul espoir. Elle devait sortir de chez elle, traverser un long parc et descendre une petite rue. Ce n'était pas très loin, mais suffisamment pour qu'elle se fasse remarquer. C'est en se tournant vers le flacon de teinture qu'elle avait utilisé pour la soirée déguisée de son ex petit ami (où elle ressemblait plus à un clown qu'au statut de martien qu'elle revendiquait) qu'elle eut une idée. Elle avait de quoi passer la première étape incognito, mais quant à la seconde ?
Pendant qu'elle faisait sa teinture, recrachant à plusieurs reprises ses poils qui s'engouffraient par tous les trous [dois-je m'arrêter dans mon délire pour préciser qu'il n'y a aucune arrière pensée dans cette phrase ou puis-je continuer à vous conter cette histoire comme ce que je comptais de toute façon faire ?], elle réfléchissait à ce qui pouvait la faire passer inaperçu. Une fois que la teinture eut les effets escomptés sur tout son corps (une chance qu'elle avait acheté un flacon de 2 litres. Bah oui, pour 1 litres acheté, le second était gratuit et cela ne lui avait que les coûté les yeux de la tête ! Ça valait le coup !) [dois-je m'arrêter dans mon délire pour préciser que j'ai utilisé une expression dans "coûté les yeux de la tête" ou dois-je conclure que vous me prenez aux mots ?]. Bref, une fois entièrement recouverte de la substance, elle regarda le résultat dans le miroir. Une idée lui vint immédiatement. Elle prit une grande pancarte (celle qui lui avait servi pour la manifestation de "ma sorcière bien-aimé") [dois-je vous expliquer ce que "ma sorcière bien-aimée" fiche dans cette histoire ou avez-vous remarqué, vous fidel(e) lecteur(rice), qu'il s'agissait d'un de mes anciens délires de mon blog ?], et inscrivit un slogan au dos.
Fin prête à affronter le regard d'autrui, elle sortit de chez elle. Une chance que l'herbe du parc n'avait pas encore été tondu par la Mairie ! Elle s'allongea dessus et se confondit à merveille grâce à sa teinture de couleur verte (et oui, vous connaissez enfin la couleur de sa teinture ! ^_^). Rampante comme un vers de terre, le cul relevé, elle ne se fit écraser que deux fois par des passants ignorants, dont un gothique qui portait des chaussures à pique (moi, sadique ? Vous n'y pensez pas ! ^_^)
Épuisée, des gouttes d'eau luisant sur son "pelage" (si je puis dire) vert, elle arriva enfin au bout du parc. Elle se leva, sortit sa pancarte de sous ses... Poils ! Et elle se secoua frénétiquement tel un chien mouillé.
La rue était remplie de monde. Quelle chance inouïe pour elle d'avoir choisi le jour du marché pour avoir plein de poils sur tout son corps autrefois frisant la perfection ! [dois-je vous préciser l'ironie de ma phrase ou dois-je cesser d'interrompre mon délire par ce genre d'intermède interrogatif ?]. Elle se glissa parmi la foule. Tout le monde s'arrêta et la fixa étrangement, sur le point de la juger. C'est alors qu'elle leva bien haut sa pancarte où était inscrit : "Géant vert vous offre 50 euros de bon d'achat pour toute boîte de Maïs achetée ! Profitez vite de cette offre à Auchan !". Il n'en fallu pas plus pour la foule et même les gérants du marché pour s'éclipser de la voie publique d'un simple coup de vent.
Remerciant le ciel que son idée ait fonctionné, bien qu'elle n'arrivait même plus à distinguer le ciel du sol avec sa touffe de poils répugnante, elle continua précipitamment son chemin jusqu'à l'appartement de son ami chirurgien.
Elle sonna à la porte et attendit sagement, bien qu'impatiente. Son ami lui ouvrit et poussa une sorte de grognement (entre le gargouillement d'un ventre affamé et le bruit d'une chasse d'eau). Elle dû écarter les poils de ses yeux pour prendre conscience qu'elle se trouvait face à... Frankenstein ! "ARGH !"
La femme hurla, se retrouvant soudainement plongée dans le noir. Paniquée, elle chercha où elle se trouvait et réussit à tâter de sa main un interrupteur. La pièce s'illumina. Elle se rendit alors compte qu'elle se trouvait dans sa chambre, allongée sur son lit. Elle se toucha le visage et tout son corps, mais ne découvrit aucun poil suspect mis à part les siens (elle était en effet d'origine portugaise... Oui bon, elle est pas sympa celle-là ! -_-). "Ce n'était qu'un cauchemar !", souffla-t-elle, soulagée. Elle se leva et alla dans sa salle de bain prendre une douche. "Plus jamais ça !", dit-elle, déterminée.



