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La grande vague !

La grande vague !

La suite du grand Kidnapping d'Aurélie et de Francis !

Épisode II

La nuit tombait, et Aurélie et moi étions prêts ! Ils voulaient un show ? Ils allaient en avoir un ! Ancienne somptueuse danseuse classique, Aurélie avait un savoir faire innée en ce qui concernait le rythme et les pas de danse. Ancien grand comique, j'avais appris quelques leçons de bien-séance pour présenter un spectacle.

Elle était déguisée en un pirate très ressemblant. Elle s'était collée une moustache à base des poils du balai que nous utilisions pour essuyer les... Peu importe. Elle avait emprunté un seau pour s'en faire un chapeau et avait arraché le pied de deux autres balais qu'elle posa sur ses épaules pour en faire des épaulettes. En guise de cerise sur le gâteau, elle avait trouvé un bandeau qu'elle accrocha tout d'abord autour de ses yeux, puis préféra (pour des raisons pratiques) en cacher qu'un ½il. En temps normal et dans d'autres circonstances, on l'aurait pris pour une clocharde. Mais ce soir-là, c'était sans aucun doute la plus belle des pirates ! Et la lune jetait ses rayons sur elle, ne la rendant que plus séduisante qu'elle ne l'était ! (oui, le kidnapping ne détruit pas totalement le romantisme... ^_^)

Quant à moi, j'étais habillé en belle et séduisante femme. J'avais une serpillère dont la bâton était coincé derrière mon dos et dont le pied, qui s'éparpillait sur ma tête, me faisait de magnifiques cheveux qui sentaient l'algue pas fraîche. J'avais trouvé dans l'un des placards de Barbe Happapa une grande robe bleue. De deux choses l'une : soit elle appartenait à une ancienne femme qu'il aurait massacré après l'avoir abusé sexuellement (oui, la tendresse chez les pirates n'existe pas), soit Barbe Happapa nous cachait une sympathique part de féminité sous son caractère exécrable. Cette robe, plus grande que moi, m'empêchait de marcher sans écraser le tissu. Comme si avoir un balai dans le dos (j'ai bien dis dans le dos) ne suffisait pas (j'étais droit comme un pique, dans l'incapacité de baisser ma tête pour voir où je marchais), il fallait en plus que mes pas à l'aveuglette soient déstabilisés par une robe trop longue. Enfin bon, le résultat était là, j'étais une séduisante femme aux yeux de ses pirates (peut-être même un peu trop ! >_<)

Notre chorégraphie était splendide ! Aurélie s'était déchaînée dans son improvisation, et moi je suivais exactement ses pas avec quelques mesures de retard (et surtout avec des difficultés). Les pirates riaient de joie, applaudissaient pour encourager Aurélie de poursuivre voire d'accélérer ses pas.
Ensuite, pour mon improvisation, j'avais décidé de reprendre la plupart des pas de dance d'Aurélie tout en chantant. Une chanson dont je vous fais seulement part, ci-dessous, du refrain (c'était un remix personnel de la célèbre chanson In the navy des "Village People") :

Join the pirates
You will can have a green parrot
Join the pirates
You say goodbye at your parents
Join the pirates
Come on now, and take your blindfold !
Join the pirates... Join the pirates... Join the pirates
You will wash you just once a year !
Join the pirates
You will can kill many wimp here
Join the pirates
Come on now, and take your blindfold !
Join the pirates... Join the pirates...

Ce fut un franc succès. Alors que j'improvisais avec un naturel déconcertant cette reprise de chanson qu'aucun de ces pirates ne connaissait (c'est vrai que des pirates écoutant les "Village People"... C'est rare !), mes paroles touchèrent leur c½ur et Aurélie profita du fait qu'ils n'aient d'yeux que pour moi (ou pour mon déguisement, qui sait ?), pour s'écarter de la scène et détacher soigneusement la corde qui maintenait la petit barque de secours à hauteur du bateau. Oui, cette barque était notre seule échappatoire, et j'espérais bien détourner suffisamment leur attention pour qu'on puisse s'enfuir, tout du moins Aurélie.

Les pirates, émus par mes paroles (je sais pas où se trouvait l'émotion dans ma chanson, mais bon) s'enlaçaient les uns avec les autres, en murmurant sous des larmes de tristesse des choses du genre : "je t'aime même si tu as une jambe de bois" ; "excuse-moi de m'être moqué de ton ½il de verre" ou encore "je profite de ce câlin pour te donner rendez-vous dans ma chambre cette nuit". Ils étaient si touchants... Si sincères... Et si occupés !
C'était le moment opportun pour fuir cette mascarade, mais alors que je me tournais vers Aurélie pour la rejoindre dans la barque de secours qu'elle venait de descendre en mer, je me pris les pieds dans ma robe et tombai sur le dos. Le manche de la serpillère m'empêchant de me relever...

Suite et fin dans le prochain article : Épisode III.


- Francis -

# Posté le samedi 13 janvier 2007 06:39

Modifié le dimanche 31 août 2008 12:34

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